Photographier le brouillard

J’ai profité de l’épaisse brume de l’autre jour pour aller chercher de jolies images. Je suis contente de certaines, mais déçue de la plupart d’entre elles, et j’ai voulu comprendre pourquoi. Ce sont ces réflexions que j’aimerais vous livrer ici! Vous n’y trouverez pas mes cinq conseils définitifs pour des photos inratables, plutôt des considérations sur le brouillard comme objet photographique, des notes d’étape.

Donc, ce que j’ai réalisé, c’est que photographier la brume, c’est foncièrement photographier du flou. Et ça peut être très joli, tout d’abord si on aime le flou, le cotonneux, le diffus :

Ou si on aime l’effet de disparition, quand le monde ordinaire ne se ressemble plus. Mais si on veut faire autre chose, il faut que quelque chose vienne donner de la consistance à la brume, la module : comme avec la brume, le contraste disparaît, il faut recréer ce contraste par d’autres moyens.

Recréer un contraste pour mettre la brume en valeur

Ça peut être un jeu de lumière qui la souligne, de jour (un rayon de soleil) ou de nuit (un lampadaire) :

Ça peut être un effet de volume quand la brume n’est pas homogène, qu’on la voit s’amincir ou s’épaissir, ou se diffuser en nappes ou en rideau entre des arbres par exemple. Ça, c’est précisément le type de photos que j’aimerais faire, mais la brume est généralement trop homogène là où je vais! Il faudrait grimper sur un coteau et espérer qu’elle soit cantonnée à la vallée par exemple… Ce paysage est ce qui s’en rapproche le plus dans mes archives…

Ça peut être un effet de contraste entre objets nets et objets flous, objets visibles et invisibles, entre zones nettes et zones rendues floues par la brume.

En tout cas, il me semble que ce qui rend intéressante une photo de brume, c’est ce jeu sur le caché/visible. Et pour cela, il faut chercher des variations de texture, de distance, de densité, bref quelque chose qui rende la brume non uniforme. Ici, le jeu graphique des arbres :

Ici, la densité variant selon la distance de l’objet (statue nette, grues voilées) :

Sinon, c’est juste un fond flou plutôt sympa, une ambiance pastel (désaturée, pour jargonner).

Quelques points techniques qui m’ont frappée :

  • la brume, c’est en fait très lumineux, et ça trompe le capteur : il vaut mieux régler la sensibilité à la main, sinon on risque la surexposition.
  • la brume, c’est flou : utiliser l’hyperfocale peut être un bon choix pour éviter les problèmes de mise au point.
  • il faut vraiment être précis avec la mise au point : si on veut faire mettre en valeur la netteté d’un objet par rapport au flou ambiant, il n’a pas intérêt à être flou!
  • ça peut être un bon moyen de faire du high key, puisqu’il ne faut pas grand chose pour avoir un fond naturellement surexposé. À condition bien sûr de trouver un sujet 🙂

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