Henri Cartier-Bresson  : Images à la sauvette

La Fondation Henri Cartier-Bresson organisait une exposition consacrée à Images à la sauvette, un livre de Cartier-Bresson paru en 1952 en France et aux États-Unis et qui rassemble parmi ses plus célèbres photos. Des exemplaires originaux de l’ouvrage étaient exposés :

On pouvait également voir les ébauches de l’ouvrage : propositions de titres, maquettes de la couverture par Matisse, correspondance, etc. Des écrans faisaient défiler page par page une version scannée du livre, en français et en anglais :

Au dernier étage, on pouvait consulter cinq albums réalisés par cinq étudiantes en photo de la Sorbonne, prenant l’idée d’« images à la sauvette » comme point de départ. Elles devaient ensuite réaliser un album complet, y compris le texte, la conception du livre, etc. C´était inégal, un peu prétentieux parfois comme beaucoup de travaux étudiants, mais intéressant!

Vue d’ensemble de l’une des salles :


C’est avec plaisir que j’ai revu des images bien connues à travers les histoires de la photo, ou bien à travers les visuels diffusés depuis plusieurs mois par la communication de la Fondation. Par exemple, les fameuses photos d’Espagne en 1933 :

Le portrait de Sartre en 1946 sur le Pont des Arts. Je trouve épatant la manière dont Sartre n’occupe qu’une partie restreinte de l’image, ne regardant même pas le photographe, et partiellement masqué par un passant. Mais Sartre est saisi dans une pose naturelle, renvoyant à l’image qu’on se fait de l’intellectuel, dans le décor éminemment parisien de la Rive Gauche qui reste pourtant esquissé ; et l’homme de dos, au lieu de gêner, renvoie au contraire à l’interrogation du philosophe existentialiste sur la place de l’homme dans le monde. Et le regard circule dans l’image du premier au dernier plan, avec le jeu d’échelle du dôme aux têtes en passant par les réverbères, conduit par la diagonale que prolonge la pipe… Épatant.

J’ai adoré également cette photo, intitulée « Brooklyn, New York, États-Unis, 4 mars 1947 », que je ne la connaissais pas. Le titre ne nous apprend rien et le mystère reste entier : est-ce que cet homme pleure, et pourquoi ? On dirait un champ de courses, vient-il de perdre toutes ses économies ? La manche et le bras de la femme forment une sorte de cœur sombre au centre de l’image, tandis qu’un grand arc traverse la photo de haut en bas (montant de la fenêtre, tête du personnage à lunettes, bras de l’homme). Presque tous les personnages sont légèrement flous et regardent au loin, tandis que le couple est immobile et tourné l’un vers l’autre. Tout fonctionne…

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