L’exposition Albert Marquet

J’ai visité l’eposition « Albert Marquet », dont c’était les derniers jours, au Musée d’Art moderne de la ville de Paris (dans l’une des ailes du palais de Tokyo). L’affiche m’avait attirée, avec son dessin net, ses couleurs éblouissantes, et pourtant le réalisme du bord de mer : sable, eau sableuse, eau peu profonde, eau profonde avec algues. Il s’agit d’une vue du Pyla en 1935 :

Albert Marquet, Le Pyla, 1935

J’ai adoré l’exposition : les couleurs joyeuses mais pas agressives, le rendu de la lumière, la précision du trait, le caractère réaliste, presque photographique (notamment dans la composition) et en même temps épuré, l’impression de netteté même quand les touches de pinceau sont évidentes… Quelques exemples de tableaux. « Le gros olivier » (1943), dont j’aime la manière de rendre sensible l’ombre, les contrastes de luminosité, l’impression de fraîcheur :

Albert Marquet, Le gros olivier, 1943

« Le Pont-Neuf de nuit », 1935 (retouché en 1939). Je trouve ce tableau incroyable : l’atmosphère nocturne, le rayonnement jaune des éclairages électriques, les reflets, tout fait mouche, tout fait sens… Marquet a beaucoup peint la Seine depuis son appartement sur les quais. L’exposition proposait plusieurs vues de Notre-Dame, à différentes saisons (pluie, brouillard, soleil, etc.), que Marquet peignait souvent, un peu comme Monet et la cathédrale de Rouen.

Albert Marquet, Le Pont-Neuf de nuit, 1935

« Le Port d’Alger », 1941. J’aime ce bleu enfantin qu’on ne voit pas souvent sur les tableaux (ou son usage des tons émeraudes pour peindre l’eau, dans d’autres tableaux), le cadrage et la composition au sens photographique, le sens de la silhouette et de l’échelle :

Albert Marquet, Le port d'Alger, 1941

Son dernier tableau est celui-ci, « Les persiennes vertes », 1944-1946. Très simple, presque sans intérêt, à la fois réaliste et presque abstrait (une composition de rectangles verts), mais des couleurs harmonieuses, un rendu parfait de la lumière,de l’impression d’été derrière les volets clos…

Albert Marquet, Les persiennes vertes, 1944-1946

Petit bémol concernant la visite : le verrouillage de l’art part les juristes, les commerciaux et les communicants… Pas le droit de prendre des photos, y compris d’œuvres publiques, ou simplement de l’exposition dans son ensemble. La communication officielle n’incluait que 4 ou 5 tableaux, sur la petite centaine exposée. Si on veut sortir des « visuels » proposés, on doit fouiller le Web, y compris des œuvres appartenant à l’État comme le Pont-Neuf ci-dessus. L’espace de vente est ridiculement petit et ne propose que le catalogue officiel, 2 numéros de Beaux-Arts, un choix réduit de cartes postales (même pas 10 tableaux différents), très peu de produits dérivés type magnets, mugs, carnets, etc., et aucun ouvrage en lien avec Marquet, son temps, son style. Le tout est situé en gros dans le couloir :

Musée d'Art moderne de la Ville de Paris

Je sais qu’il existe une librairie, j’y suis allée. Pour cela, il faut sortir de l’espace « sécurisé » (portiques de sécurité) et on vous avertit que votre billet ne sera plus valide en sortant. En pratique les vigiles sont compréhensifs. Je rêve d’un magasin de musée où l’on ne serait pas cantonné au choix entre 5 cartes postales de tableaux vus, mais où une imprimante à la demande imprimerait le tableau souhaité, au format carte postale, affichette ou affiche, sans préjuger des goûts des visiteurs que l’on oriente vers les mêmes œuvres choisies…

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